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On en parle...
http://www.kipushi-mpl.com/

Cours d'Histoire (abrégé) d'après les notes de Georges DEHASSE.

Village Frontière avec la Rhodésie du Nord.
Superficie de Kipushi 2Km². Altitude 1.200 mètres.
A 28 Km de Lubumbashi, 30 Km à l'Ouest d'Elisabethville.

La bourgade, création de l'Union Minière du Haut Katanga
(UMHK)  se nomme Kipushi,  petit ruisseau qui coule dans le pays des Baushi, peuplade assez primitive, dans la région des Lunda.  Elle est née de la mine de cuivre Prince Léopold. Son emplacement correspond, à quelques mètres près, à la fin du gisement de minéraux contenant du cuivre, le long de la frontière Rhodésienne. Les géologues belges avaient un coup d'oeil très professionnel.

Extrait du site de Georges Dehasse :
1798, le  Portugais Lacerda découvre le "Katanga" ( Kongo) et les petites mines de cuivre  Les Arabes à la recherche d’esclaves avaient connaissance des fameuses croisettes qui servaient de monnaie d’échange . Certains en ramenèrent dans les pays limitrophes déjà occupés par des Européens.
A la découverte  du Congo Belge, des chercheurs trouvent au  Katanga quelques petites mines de surface telles que , Kalukuluku, ( mine de l’Étoile) , de Luko, de Kiputu, de Kifufya, et de Kamatanda dont l’exploitation par les indigènes est déjà arrêtée.  Sont toujours en activité : la Ruashi, la Lukuni, la Luiswishi, la Luishia, la Shituru , la Kakanda, la Dikuluwe et Kolwezi . Le site de Kipushi  est plutôt une exploitation de passage, ouverte un jour, abandonnée la semaine suivante. A l’arrivée des Européens, les mines indigènes en activité sont prospectées en profondeur...
1899, George Grey  vient examiner un vieux site indigène appelé " Kapondo" devenu ensuite Kipushi, petit ruisseau des environs, qui remplit le petit lac "Assoignon" .
1902
, Buttgenbach,  un chercheur  prospecteur, visite très rapidement  le site. Ses conclusions sont les mêmes que celles de Grey, mine pas assez  rentable.
1909, la mine de Kipushi  sise à 28 Km au Sud Ouest  d’Élisabethmine, (nom donné à la mine de l'Étoile de la Kalukuluku) n’est habitée que par quelques Noirs aventuriers connaissant le petit puits qui leur donne le cuivre tant recherché comme monnaie d’échange.
Avec les Belges, l'étude géologique du sous-sol  confirme aux industriels la nécessité d'ouvrir une carrière. L’UM recrute, mais à l’époque, les indigènes sont peu nombreux et ont peur de descendre sous terre. On doit recruter une main d’œuvre éloignée. Arrivent des Baluba du Kasaï et du Katanga ainsi qu'un grand contingent de travailleurs du Ruanda-Urundi, d'Angola et même de Rhodésie voisine.
1920, établissement d'une population ouvrière à la mine.
1924
, après une étude approfondie, l’exploitation de la mine commença en carrière.
1926,
la population  de Kipushi s'élève à 298 Européens et 6500 Congolais, (administration, colons, commerçants, fermiers, professions  libérales et agents de l'Union Minière, hommes, femmes et enfants).
1928, la première ligne de chemin de fer part par le Sud de l'usine pour rejoindre la ligne de Sakania - E'ville. Plus tard, une autre ligne est dirigée vers le Nord de l'usine, longeant la frontière Rhodésienne.
1930, construction d'un petit hôpital. La Poste est ouverte le 15 mai.
1940, pour remplacer le manque de main d’œuvre de belges appelés à se battre, l’ UMHK recrute du personnel qualifié déjà installé en Afrique : Anglais,  Portugais,  Mauriciens, Français  et Italiens. Pour garantir un effort de guerre en matières premières, elle recrute sur place des Belges non appelés et plus de 10.000 travailleurs congolais sous contrats de trois ans.
1950, la population  passe à 598 Européens et 14802 Congolais.
1954, pour le Katanga , 69.500 Congolais sont enregistrées à l'Union Minière (19.500 travailleurs, 16.000 femmes et 34.000 enfants). La vie des Congolais, s’améliorant d’année en année, les logements deviennent de plus en plus modernes, les  traitements encore inférieurs à ceux d’un ouvrier de la métropole, augmentent avec les années. Il faut tenir compte de la gratuité du logement, des soins médicaux, de l’amélioration de la connaissance ménagère de l’épouse,  la scolarité des enfants, les cours du soir facultatifs pour les adultes, des tickets de nourriture qui sont remplacés petit à petit par une somme d'argent accompagnant le salaire, le sport gratuit, les congés payés et les primes. A la fin de leur contrat, le retour vers leur village d’origine est payé et effectué en train ou en avion de la Sabena.
1958, un salaire d'un ouvrier congolais de l'UMHK peut être identique voir même supérieur à celui d’un ouvrier de la métropole.  

Vivre à Kipushi.
Et oui, on est heureux de vivre dans le petit village de Kipushi. On lui a même dédié une chanson : " A qu'il est beau mon village, de Kipushi de Kipushi, on y parle qu'un seul langage l'Kiswahili, à Kipushi...". Peu connu des autres, il n'est pas visité. Il n'y a rien à voir, mais pour les moins de trente ans en 1960, le plaisir du sport, le rodéo, le scoutisme, les promenades au lac à la Luenge (Rhodésie) ou dans les rues de Kipushi, à pied, en vélo, en moto ou en voiture, cela nous plait. Il existe aussi les surprises-parties du samedi, organisées chez l'un, puis chez l'autre, la navigation sur les quatre barques du lac de jour comme de nuit, les soirées au mess. Oui, tout cela sur 1 Km², mais surtout, le temps à 26° de moyenne, légèrement venteux, la senteur des eucalyptus et des jacarandas, voilà ça c'est Kipushi, le Katanga,  l'Afrique...

 
     
 

Plan des lieux.

 
     

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