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Athénée Royal
Notre-Dame des Lumières

Collège Jean XXIII

 

On en parle...
http://kolwezikat.free.fr/index.htm
http://users.skynet.be/jijihem/kolwezi/Soiree_2004/Photos_JIJIHEM/Photos_JJM_2004.htm
http://katgate.free.fr/kg/Albums_Kolwezi/page_index_kzi.htm

vue aérienne
historique des écoles - RP Hansen (avril 2006)

Cours d'Histoire (abrégé)

Chef-lieu du district du Lualaba. Altitude : 1.443 m. Très important centre minier. Gare de chemin de fer importante.
La ville possède un lac très poissonneux. Une des plus belles villes du Congo. Les usines des environs en font un centre minier important : Ruwe, Kamoto, Kingamyambo, Musonoi,
Luilu et Métalkat...
Liaisons aériennes avec Elisabethville, Kamina, Manono, Albertville. Par le rail : E'ville, Jadotville, Tenke, Dilolo. Par la route, elle est reliée à E'ville, Jadotville, Kamina, Kabalo...
Une visite des chutes de Nzilo et à la grotte de Lufundu est une expérience inoubliable.

Ville martyre lors des insurrections au Katanga, elle a été sauvée par les paras belges aidés des français.

 
 

Plan de la ville.

 

Albertville/Kalemie
Elisabethville/Lubumbashi
Jadotville/Likasi
Kamina
Kipushi
autres villes au katanga

 
  Une vue aérienne récente.  
 

 
 

Historique des trois écoles - RP Hansen

 
 

1. KOLWEZI (1940)

La date conventionnelle de la fondation de la future ville de Kolwezi est 1940.

En effet, en 1990 fut commémoré le cinquantenaire. En mineur, car la malheureuse dauphine de l’U.M.H.K. était déjà en pleine chute. Ce qui ne veut pas dire que la région de Kolwezi ne fut pas prospectée. Au début du 20e siècle on cherchait de l’or à Ruwe (Mutoshi) et dans les années 30 du minerai cuprifère au Musonoi où il y avait un camp de travailleurs et une Mission catholique (cela fait brousse !), située tout près du futur hôpital des cadres et du couvent des Sœurs de Pittem. Dans deux locaux de la Mission notre future école trouvera son premier pied-à-terre en 1948.

 2. Début de l’enseignement pour enfants européens (1941)

En 1939 les Sœurs Chanoinesses (de St Augustin), congrégation enseignante, avaient fait une prospection au Katanga. Mgr de Hemptinne d’Eville, un des grands visionnaires coloniaux, leur avait « prédit » Kolwezi. Et chose curieuse, fin décembre 1940, en pleine guerre, les premières sœurs arrivèrent à Kolwezi, via le Portugal et l’Angola.

Dans une des maisons très modestes de l’U.M.H.K. (près de la future salle Manika), elles commencèrent en 1941 un enseignement primaire pour les quelques rares filles et garçons sur place. C’est l’origine de l’Institut Notre Dame des Lumières, dont les bâtiments définitifs furent construits le long de l’avenue des Jacarandas, dans un grand parc (+/- 13 ha), assez normal parce que c’était encore la brousse ! Là elles ouvrirent aussi un internat assez renommé. Même la(les) fille(s) du Gouverneur Général Ryckmans y était (étaient) interne(s).

Dans l’immédiat après-guerre elles y ajoutèrent une Finishing School (genre anglais) avec 4 années post-primaires. 

3. L’Institut St Joseph (1948)

Kolwezi commença à prendre de l’importance. Peut-être à bon droit certains parents étaient convaincus du bien-fondé d’une éducation typiquement féminine. Et il fallait donc trouver une autre location pour les pauvres garçons. Le 4 octobre 1948 (fête annuelle de St François et des Franciscains) fut ouverte à la Mission une école primaire à deux classes (le 2e degré et le 3e degré) primaires. Les garçonnets du 1er degré pouvaient rester provisoirement « chez les Mères » (nom quotidien pour Notre Dame des Lumières !)

Les autres devaient donc aller « chez les Pères ». Et ainsi l’Institut Notre Dame des Lumières fut flanqué de l’Institut St Joseph. En 1951 ce dernier s’installa dans son nouveau bâtiment, également le long des Jacarandas (la seule aile sans étage du complexe actuel).

Citons au moins une seule personne de l’époque, le Père Patrice, petite barbiche, titulaire de la 6e primaire, dans une première vie instituteur puis pendant 25 ans missionnaire en Chine, d’où il fut expulsé en 1949. En 1950, envoyé à Kolwezi pour ‘dépanner’ pendant le 3e trimestre, mais il est resté 11 ans jusqu’en 1961. « De service » aussi le dimanche, car à bicyclette il allait baptiser à la Maternité les citoyens de demain. Sans doute quelques centaines, à présent des citoyens honorables en Europe.

Signalons entre parenthèses qu’entre-temps se compléta aussi à Kolwezi la classique ternaire belge : un ‘institut’ pour jeunes filles, un ‘collège’ pour garçons, un ‘athénée’ pour garçons et filles. En effet, en 1953 l’enseignement officiel obtint une section primaire. Par après une section secondaire.

4. Le Collège St Joseph (1953)

En septembre 1953 se présentèrent une vingtaine d’élèves pour la 6e secondaire, parmi eux un futur professeur à Louvain-la-Neuve et un futur grand industriel, toujours au Katanga. Avec les moyens du bord furent organisées une 6e latine et une 6e moderne. Un début d’enseignement secondaire et donc il n’y avait plus lieu de parler d’ « institut » mais de « collège ». En effet, « institut » est un terme équivoque : une école (secondaire) pour jeunes filles mais aussi par exemple pour sourds-muets. Il y a même des « instituts de beauté » !

5. Le Collège Baudouin Ier (1954)

Au mois de mai 1955 le jeune roi Baudouin effectua sa tournée triomphale à travers le Congo. Il fallut lire les ‘signes du temps’ : St Joseph, fort présent au 19e siècle, n’était plus guère à l’ordre du jour, même un peu inconnu. Baudouin était un jeune mais très sérieux, déjà une icône, comme patron une option sur l’avenir. En septembre 1954 St Joseph fit place à Baudouin et le Collège St Joseph au Collège Baudouin Ier. L’exemple de Léopoldville avec le collège dirigé par les jésuites, Albert Ier, a joué peut-être aussi un rôle.

En tout cas lors de sa visite à Kolwezi un arc de triomphe construit en face du Collège, arrêta le souverain un moment et lui permit de prendre connaissance (momentanément ?) de notre existence. Et on se réjouissait de la vraisemblance d’être les premiers à vivre sous son patronage. Un rien de romantisme n’est jamais mauvais.

6. Le Collège Baudouin complété, renforcé et fleuri (1956)

En juillet 1956 les premiers diplômes du cycle inférieur des humanités furent décernés aux élèves des 4e latine et moderne. Fallait-il envoyer les finalistes en Belgique, à Jadotville ou E’ville ? La question devait être posée. Il y avait l’euphorie de 1956 : le cinquantenaire de l’U.M., les barrages de Delcommune et de Le Marinel terminés, plus de 100 nouvelles maisons U.M. construites dans le quartier Ruwe (Mutoshi).

L’Athénée avait déjà obtenu l’autorisation d’entamer le cycle supérieur, ceci dans la ligne de la nouvelle politique scolaire du ministre Buisseret, et, à première vue, de la guerre scolaire en Belgique. Mais celle-ci était jouée moins fort au Congo et assez rapidement un (1) cycle supérieur fut accordé pour l’enseignement libre (Institut et Collège). Et ainsi il fut décidé que les filles finalistes de Notre Dame des Lumières rejoindraient le Collège. Le début donc de l’enseignement mixte qui, à cette époque, n’était guère admis dans l’enseignement libre de la Métropole. C’est pourquoi il fut prévu aussi une sœur surveillante des filles mais il n’y avait rien à surveiller.

Et pour les romantiques : un œil perspicace et expérimenté peut encore détecter aujourd’hui, gravées dans les vieux bancs en bois, les initiales de l’un ou l’autre couple qui vit heureux quelque part en Europe.

En un mot : en 1956 le Collège sortit renforcé de la bataille, avec les quatre sections traditionnelles : gréco-latine, latin-math, scientifique et économique, embellies de fleurs de 15-16 ans, cultivées soigneusement à Notre Dame des Lumières. 

7. Le Collège Baudouin, précurseur d’un « pluralisme actif » (1959)

C’est un néologisme à l’ordre du jour en Belgique depuis quelques années. A Kolwezi il fut appliqué 30 ans plus tôt. En 1959 le Gouvernement Général décida de maintenir à Kolwezi un seul cycle supérieur pour élèves européens, notamment au Collège. Ainsi les élèves de l’Athénée aussi rejoignirent le Collège. Les raisons ? Probablement parque que nous avions de « bons points » à Léopoldville mais surtout à cause des restrictions budgétaires de plus en plus strictes. Aussi parce que nous étions disposés à organiser un cours de morale pour les élèves dont les parents le désiraient.

D’ailleurs une véritable concurrence ou animosité entre les deux réseaux de l’enseignement n’avait jamais existée. Sauf au terrain de football de la Manika entre les deux écoles, Collège-Athénée, une fois par an, pour la ‘coupe’ quand une partie des parents supporters scandait ‘à bas la calotte’ tandis que l’autre partie répliquait ‘vive la calotte’. Du folklore ou dans l’un ou l’autre cas de vieux réflexes métropolitains. Nos jeunes joueurs n’y comprenaient pas grand- chose et le match terminé on trinquait fraternellement à la buvette de la Manika…

1958 et 1959 furent aussi les années des grandes constructions le long des avenues des Jacarandas et de la Digue. Mr Assoignon (d’après certains le plus compétent des derniers D.G. de l’U.M.) visita nos chantiers en 1959 et m’encouragea à construire grand et large parce que, disait-il, dans 10-15 ans (donc en 1975) le nombre d’Européens à Kolwezi dépasserait E’ville… Dans l’hypothèse sans doute d’une Indépendance intelligente.

Ainsi l’on était en 1959. Les événements du 4 janvier à Léopoldville n’avaient pas trop inquiété les gens et début juillet les rhétoriciens reçurent leur diplôme. Parce que c’était la première fois, une séance solennelle fut organisée, présidée par le Commissaire de district en grand uniforme, aux tons de l’hymne du Collège « Alle Menschen werden Brüder » de Schiller-Von Beethoven, séance couronnée par le ‘Prix Roi Baudouin’, autorisé par la Cour. Une pierre blanche dans l’histoire du Collège.

Par contre, ’59-’60 se termina en mineur. Proclamation quelques jours avant le 30 juin, 10 jours plus tard exode rapide, aller-retour Mwinilunga (dernier départ 10/7, premier retour 12/7) suite aux mauvaises nouvelles d’E’ville et de Jadotville, et le 11 juillet Indépendance du Katanga.

8. L’Institut International de Kolwezi (1960)

De toute façon, Congo ou Katanga, on se trouvait devant une nouvelle situation. Les fonctionnaires de la Colonie étaient presque tous partis, comme aussi beaucoup de familles d’agents de société. Toutefois quelques 200 élèves de notre école restaient à Kolwezi et il fallait penser à l’année scolaire 60-61. Et, un peu hasardeux, le dimanche 17 juillet on communiqua à l’église que l’école reprendrait en septembre. Mais sous quelle formule ? J’avais compris que le brave Baudouin et le Collège Baudouin comme enseigne avaient eu leur temps, surtout après le fameux discours de Lumumba.

Dans une lettre du 26 juillet, et sans trop entrevoir la portée des choses, je proposai au nouveau Consul Général Mr Crener, un homme aimable, de faire du Collège une école consulaire (ou pénéconsulaire). En attendant on ajouta, à toutes fins utiles, à l’écriteau au nom du Collège « Consulat Général de Belgique ». A tort évidemment mais il fallait se protéger et c’était peut-être une option sur l’avenir.

Dans les semaines qui suivirent le même problème se posa à E’ville et à Jadotville. En septembre naquirent, presque prématurément, les trois instituts, écoles à programmes belges, frêles du point de vue statutaire, surtout au début.

Ajoutons encore ceci : comme le nombre d’élèves avait diminué (temporairement), quelques locaux restaient inoccupés. Pour l’équilibre e.a. politique fut installé, à côté de notre Institut International, école à programmes belges, un « Institut National », école à programmes katangais.

Mais dès 1961 il y avait de nouveau pénurie de locaux. C’est pourquoi en 62-63, en pleine période katangaise, fut construite une nouvelle aile de 13 classes dans le prolongement du ‘bâtiment rouge’ (l’ancien internat), de sorte que le carré des bâtiments était dorénavant complet.

Suite aux fantaisies du mobutisme la dénomination « Institut National » a connu aussi plusieurs mues, e.a « Institut du Lualaba ». IL N’EST PAS INUTILE de signaler ces données latérales car pendant 30 ans les deux écoles, belge et katangaise, et les 2.000 élèves ont vécu les uns à côté des autres sans le moindre accroc, sans le moindre incident. Une coexistence pacifique aurait été possible au Katanga !

Pendant 3 ans nos 3 instituts internationaux ont subsisté « pénéconsulairement » comme on disait, sans trop de difficultés, pas sans imprévus. Un seul souvenir : le premier jour de l’année scolaire 61-62, lors du ‘2e round’ (déclenché le 13.09.1061), j’ai dû autoriser nos élèves de rhétorique à aller à l’aéroport pour charger le Fouga-Magister (le seul qu’on avait encore !), destination E’ville, aller-retour répétés en moyenne une fois par heure. Je me suis consolé du fait qu’à cette époque, notre jeunesse semblait plus idéaliste que celle d’Europe.

9. Le Lycée Jean XXIII (1963)

Mais en janvier 1963 (‘3e round’) les jeux onusiens étaient faits, le rêve katangais évaporé. Une des premières mesures de la recongolisation était la suppression, en juillet 63, des trois instituts internationaux car ils étaient, d’après les nouveaux chefs (y compris le nouveau consul de Belgique, de malheureuse mémoire), une émanation de la sécession katangaise et ils devaient être intégrés dans les cadres scolaires congolais.

Après de longues palabres le nom, l’étiquette disparut mais l’essentiel fut sauvé. Même les nouveaux noms furent un demi-succès, à Kolwezi un succès tout court.

Le nouveau nom ‘lycée’ évitait des termes historiquement et idéologiquement chargés : ‘institut’, ‘collège’, ‘athénée’. Demi-succès toutefois car il fallait ajouter les noms de « célébrités » locales ; Lycée Kiwele à E’ville, Lycée Tshizand à Jadotville. Ce qu’on a pu éviter de justesse à Kolwezi en arguant que pour un collège il fallait un saint. On tomba d’accord sur Jean XXIII, récemment décédé (en juin 1963) mais à ce moment nullement ‘saint’ ! Ainsi était acquis le nom définitif de l’école, fondée en 1948. Malgré cette « recongolisation » de 63, le Lycée semblait encore promis à un bel avenir. Et l’ancien D.G. Assoignon semblait obtenir raison. En effet, en 1965, à l’époque où Moïse Tshombe était premier ministre à Léopoldville, le Lycée Jean XXIII comptait plus de 1.000 élèves (80 % de belges), dépassant ainsi Jadotville. Cependant après le 24 novembre 1965 des nuages sombres n’ont pas tardé à se présenter. En 1967 : premières taquineries et surtout la nationalisation de l’U.M.H.K., la presque seule mais généreuse nourricière de Kolwezi et départ de pas mal d’agents qualifiés, surtout dans les rangs flamands, étant donné qu’il n’y avait plus d’enseignement secondaire supérieur pour eux. En 1978 : invasion des soi-disant gendarmes katangais, en réalité d’inspiration cubaine. Evacuation aéroportée quasi-totale et pertes humaines bien plus élevées qu’à Jadotville et E’ville en 1960 (96 morts européens). Finalement, en 1991 le 2e pillage de Kolwezi et départ des derniers élèves européens. Et fin de 50 ans d’enseignement métropolitain. Kolwezi ville d’avenir, Kolwezi ville martyre, Kolwezi ville morte. Un Lycée Philippe Ier ne sera pas pour demain.

10. Et la post-histoire de « JeanXXIII » ?

Pour commencer, « l’école belge » reste une appellation topographique comme indicateur routier à Kolwezi c’est-à-dire le gros bâtiment le long des avenues Jacarandas et de la Digue.

Le bon pape Jean XXIII a survécu aussi. L’école congolaise à côté, l’Institut du Lualaba à l’époque mobutiste, comptant actuellement plus de 2.000 élèves, occupe une partie de l’école belge et s’appelle maintenant « Collège Jean XXIII ». L’autre partie de l’école belge est occupée par un grand séminaire, le « Scolasticat Jean XXIII ». Ainsi les briques ne chôment pas. Petite consolation pour le constructeur.

Avec mes meilleurs souvenirs pour nos élèves de 1948 à 1991, aussi pour ceux des gréco-latines, qui peut-être n’ont pas oublié le dicton grec « panta rhei » « tout passe ». Mais reste conservé dans la Grande Mémoire….

                                                                                     Avril 2006

L.A. Hansen,
          Ancien recteur.

photo prise à Kolwezi dans la Tour du Collège le 31 janvier 2006.
 

même les ânes de St François sont toujours là……