masomo - le site des anciens eleves du katanga
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Le quotidien à E'ville...
Les troubles à Elisabethville
La vie n'est pas toujours drôle...
Le tout jeune Etat du Katanga
Culturel
 

 
     
  La vie quotidienne à Elisabethville.  
     
  Décès de Joseph Mayi-ya-Moto (1951).

Joseph n'est plus... pauvre chimpanzé !
Joseph, le plus sympathique pensionnaire du Zoo, n'est plus ! Pauvre chimpanzé ! Il n'a pas dû fort regretter la vie qu'il quittait d'une façon si imprévue !
Dès son âge le plus tendre, il était déjà prisonnier : il y a quelque sept ans, il constituait, par ses prouesses étonnantes, un des principaux attraits du Lido. Mais bientôt il partit pour une destination inconnue. L'on n'entendit plus parler de lui, jusqu'au jour où l'on apprit qu'il était parmi nous, au Zoo cette fois. Je m'empressai de lui rendre visite : Joseph n'était pas encore à ce stade où les animaux du Zoo, résignés à leur captivité, restent là, immobiles, moroses, froids et distants. Non, Joseph n'avait pas encore renoncé à son rêve de liberté : poussant des cris terrifiants, il secouait les barreaux de sa cage de toute la force herculéenne de ses bras. Une banane que je lui jetai le calma instantanément. Je vins le revoir plusieurs fois dans la suite. Mais jamais il ne se départit de sa fougue habituelle, sauf s'il mangeait ou... s'il fumait ! Souvent, quand je riais à le voir se livrer à l'un de ses accès de désespoir, je ne pouvais m'empêcher d'éprouver dans mon for intérieur un peu d'angoisse, me disant que je cesserais bien vite de rire s'il parvenait à s'échapper... Mais, qui eût pensé que cela arriverait un jour ?
Pourtant, il y a quelques semaines, de bon matin, des cris insolites me firent sortir de la maison. Quelques indigènes, en proie à la plus grande frayeur accouraient de l'avenue transversale. J'allais m'enquérir sur les causes de cette panique quand mon frère se précipita vers moi, rouge et excité :
- Le singe Joseph s'est évadé !...  s'écria-t-il. La foudre s'abattant sur ma tête ne m'aurait pas produit plus d'effet. Au coin de la rue, les Noirs serrés en foule compacte, roulaient des yeux épouvantés. Cependant, la Police était sur les lieux ; je rentrai à la maison, convaincue que l'on parviendrait à capturer Joseph. Je n'y étais pas depuis cinq minutes que des coups de feu retentissaient. Je courus au coin de la rue : là-bas, au bout de l'avenue, une forme noire gisait...
Pauvre Joseph ! Fallait-il que l'on dût en venir à cette extrémité ?... Après tout, c'était un brave singe, d'une intelligence presque humaine, optimiste, et si gai, malgré la triste vie qu'il menait. Quelle que fut son humeur, il exécutait toujours de bonne grâce les prouesses qu'on lui demandait d'accomplir. Naturellement, comme tout être en ce monde, il avait aussi ses défauts-mignons.
Il était rusé, batailleur, et surtout gourmand. Aux heures de visite, son premier geste était de tendre sa patte velue à travers les barreaux de sa cage, pour qu'on lui jetât du chocolat, un fruit ou... une cigarette ! Mais... laissons-le dormir tranquillement son dernier sommeil et ne médisons point sur son compte. Qu'il repose en paix !
  
Esther VAMOS - 4e gréco-latine.

Note de Webmaster : La retenue de la toute jeune Esther l'empêche de narrer ce fait étrange : Joseph était également d'une jalousie féroce envers tous les mâles (hommes) qui passaient devant sa cage et ne manquait pas de le faire savoir en "calant" (jetant) ses excréments sur l'importun qui était accompagné d'une femme ! De plus, il allumait lui-même ses cigarettes avec une allumette qu'il frottait doucement sur la boîte avec une dextérité peu commune pour ses doigts boudinés.

 
     
  Une éclipse. (25 février 1952)

Les journaux avaient annoncé une éclipse de soleil pour le 25 février. Dans certains endroits de la colonie comme à Libenge (extrême nord-ouest), elle devait être à peu près totale, tandis qu'ici, à Elisabethville, elle ne serait que de 45 pour cent.
De bonne heure, j'ai préparé des verres fumés (à la suie de bougie) pour regarder ce curieux phénomène. Grande fut mon impatience en attendant ce moment. Lorsque je suis partie en classe, vers 8 heures, le soleil était éblouissant. Puis, vers 9 heures, le ciel s'est assombri, comme lorsqu'il va pleuvoir, la température s'est un peu refroidie. De gros nuages venaient nous ravir le soleil. Enfin, à 10 heures, j'ai pu examiner le soleil à travers les verres noirs. J4ai vu alors le disque du soleil entamé du côté gauche, par une grande tache noire, c'était une partie de la lune qui se trouvait devant lui. Puis, petit à petit, l'aspect du soleil est redevenu normal, le temps s'est éclairci. L'éclipse était terminée !
  
Maggy BUCHELET - 6e préparatoire.

 
     
  Ils sont fous ces Onusiens !
Extraits du périodique de l'I.M.J "Sous les Palmes"
n° 73 - novembre 1961 et n° 74 - janvier 1962
 
 


Une histoire de petits pois

 

Depuis plusieurs jours déjà, la bataille faisait rage à la périphérie de la ville. Par précaution, Papa avait construit un abri dans le couloir allant de l’office à la salle à manger.

La pièce principale de cet abri consistait en une immense crête consolidée par un système de caisses et de matelas. Une paroi d’about avait été enlevée pour nous permettre d’y entrer à quatre pattes.

Toute la famille y tenait aisément assise.

Le vendredi midi, nous dînions. Par la porte ouverte de la salle à manger, je voyais arriver le domestique avec deux plats en mains. Tout à coup, une violente explosion nous fait tous nous précipiter vers l’abri.

J’y arrive la première, du moins je le croyais, car le domestique était déjà assis au fond, tenant toujours en mains ses deux plats dont il n’avait perdu ni un petit pois, ni une pomme de terre.

Hélas, nous avons quand même dû terminer notre dîner avec du pain.

Le chien qui, comme nous, s’était réfugié dans l’abri, avait profité du désarroi pour passer sa langue dans les petits pois après avoir goûté aux pommes de terre.
Colette Joris - 5e moderne.

 
     
 

6 Décembre 1961.

Dans l'après-midi, les premiers réfugiés arrivaient (à l'Institut Marie-José).. Le rythme des entrées irait s'accélérant de jour en jour : professeurs, familles d'élèves, amis de ceux-ci, inconnus. Ils arrivaient par petits groupes ou par convois, tel le groupe de 60 personnes environ que monsieur Olivet sauva de l'<institut International en pleine nuit, telles encore les religieuses et les élèves rescapées des bombardements de la Lubumbashi qui portèrent ce jour-là à 625 le nombre des pensionnaires de l'Institut...

Le préau et la cour des humanités devenaient un vaste parking. Quand la question du logement fut à peu près à son point d'équilibre, celle des repas devenait épineuse : manque de vaisselle, manque de cuisine et de cuisinières, manque d'eau, manque d'électricité. L!ingéniosité ne manqua pas. Des équipes s'étaient constituées. Ce n'était pas une mince affaire. Mademoiselle d'Hooghe évoluait avait maestria au milieu des assiettes, des verres, et manipulait les machines comme s'il s'agissait d'équations algébriques. Soeur Gisèle régnait sur des marmites fumantes, des montagnes de vaisselle et des mares d'eau chaque jour plus conséquentes. Il y avait toujours, au bon moment, des paires de bras pour apporter dix tables dans une salle où le coude à coude se resserrait de plus en plus. Monsieur Lippert dont la vocation d'intendant s'éveillait déjà, comptait les sous, Mademoiselle Decruycens annotait, Monsieur Calande transportait les bancs, Monsieur Moreau déplaçait des téléphones ou dépannait l'ascenseur. Les professeurs, tous, les nôtres et ceux de l'Institut International, brossaient les barzas, vidaient les poubelles, rinçaient les lavatories, soulevaient les marmites, portaient des seaux d'eau, tisonnaient les feux... D'innombrables messieurs, dames et jeunes filles partageaient avec eux ces occupations variées.

Les amis venaient voir leurs amis et les amis amenaient leurs amis. Cela faisait des réactions en chaîne qui contribuèrent largement à peupler ce centre de réfugiés. D'autres venaient pour prendre l'atmosphère des lieux, offrir leurs services, remonter le moral des gens. Parfois, émergeait en bordure de la cour, un journaliste, l'estomac bardé de caméras et d'appareils photographiques. Anglais, Sud-africains, Français ou Belges ; ce qu'ils cherchaient, c'était la photo et le reportage à sensation : quelques réfugiés haves et échevelés auraient bien fait leur affaire pour une page du Paris Match. Les gens étaient trop propres et trop calmes, cela ne leur disait rien. Nous leur citions un chiffre et les mettions courtoisement à la porte. Le lendemain, Radio Brazzaville assurait qu'il y avait 1.500 réfugiés à Marie-José...
Compte-rendu d'un témoin.

 
     
  Hommage à Georges Olivet.

Grand, basané, les yeux noirs et intelligents, réservé et observateur, tel m'apparut Georges Olivet, délégué de la Croix-Rouge Internationale à E'ville.
Cette nuit-là, il pleuvait finement dans la cour. Un long cortège de voitures précédées du feu tournant d'une ambulance. Georges Olivet en un quart d'heure, délais imposé par l'ONU, amenait à Marie-José les réfugiés de l'Institut International arrachés au centre des combats.
Il restait attentif à tout, malgré les efforts qu'il faisait pour surmonter la fatigue. Il demanda aux soeurs de pouvoir visiter l'installation des réfugiés. Mère Paulus tint à la lui montrer en personne. Satisfait de voir qu'ils disposaient d'un certain confort, tant dans les caves que dans les dortoirs, il se retira.
Le lendemain, il partait pour une nouvelle mission : sauver les habitants du Square Uvira. Il n'en revint pas. L'ONU avait fait une victime de plus...
Compte-rendu d'un témoin.

 
     
  Hommage à Nicole Vroonen.

Une messe de Requiem a été célébrée, le 28 mai 1962, en notre chapelle à la mémoire de Mme Nicole Vroonen, tuée au service de la Croix-Rouge en décembre dernier. Le corps de Mme Vroonen venait d'être rapatrié de Genève où, avec la dépouille de G. Olivet, il avait subi une autopsie pour l'enquête de la Croix-Rouge Internationale... Cette ancienne élève de l'Institut avait, dans les combats de septembre, fait preuve d'un courage héroïque pour aller à la recherche de blessés. Ce courage lui a coûté la vie. Nous la remercions de son exemple.

 
     
  La vie n'est pas un fleuve tranquille...  
     
  Mitraillette et panne d'électricité.

Jeudi à 9 heures du soir le bruit trop connu des mitraillettes déchire le silence de la nuit. Tout le monde dans le bâtiment s'émeut, se réunit et discute fébrilement.
- Ne vous en faites pas, c'est encore fort éloigné  !
"Mais non, voyons, c'est tout près, ça approche !"
Seul mon chat siamois, Pili-Pili, aux prises avec la bobine de fil dont il s'est entouré, semble ignorer les soucis. Le jour suivant, l'eau et l'électricité sont supprimées. Beaucoup de nos petits amis se réjouissent à l'idée de ne plus subir la corvée du bain journalier. Le soir, nous soupons à la chaude lueur des bougies, la situation nous amuse à la pensée que l'on paie très cher pour un souper aux chandelles dans un bon restaurant. Les flammes vacillantes éclairent nos visages inquiets où les yeux brillent étrangement.
Le charme est vite rompu, c'est bientôt l'heure de la vaisselle, à faire toujours à la lueur des bougies.
- Beaucoup moins romantique ! déclare maman amusée.
Peu à peu nous prenons l'habitude, et une certaine organisation nous fait paraître moins longues ces journées tristes.
Nadine ROSSEWY - 3e technique.

 
     
  Corvée d'eau.

Plus d'eau ! Que faire dans une famille de cinq personnes avec, comme seule provision, un seau que mes frères avaient jugé bon de transformer en bourbier ! Ce qui fit que, vendredi matin, papa me proposa de l'accompagner en auto pour aller puiser de l'eau au bassin de natation de la ville. Je débarquai donc de la voiture, munie de deux seaux.
Au bord du bassin, plusieurs personnes s'affairaient déjà. Je m'accroupis près du bord et fis de grands efforts pour atteindre le niveau de l'eau. Peine perdue !...
Prise d'une soudaine résolution, j'ôtai mes sandalettes, je relevai le bord de mon pantalon et descendis les degrés de l'échelle jusqu'à avoir de l'eau (glacée) à mi-jambes.
Victorieuses, je rapportai les seaux à papa, je m'assis sur le fauteuil arrière et disposai les seaux autour de moi.
Vroum ! un brusque virage fit renverser un seau.
J'enlevai de nouveau mes sandales trempées, et, clapotant dans l'eau, j'attirai les seaux à moi, comme pour les protéger. Je suppose qu'il ne le savaient pas car ils m'éclaboussaient à qui mieux mieux.
Le résultat de cette histoire, c'est que nous avons perdu la moitié de l'eau avant d'arriver à la maison, qu'il y avait cinq centimètres d'eau dans la voiture et que j'ai dû me changer de la t^te aux pieds.
...Je me demande pourquoi maman n'avait pas l'air ravi !!!
Patricia DRUEZ - 6e Latine.

 
     
     
  Le jeune Etat du Katanga.  
     
  La Foire Internationale (09.07.1961 - 23.07.1961).

Échos de la Foire Internationale.
09 juillet
: ce matin, à 09:00 heures, s'ouvre la Foire Internationale organisée à l'occasion du cinquantenaire d'E'ville. Partout claquent au vent les oriflammes aux couleurs katangaises. Les journalistes s'affairent dès l'entrée.
23 juillet : la Foire a vécu sa dernière journée. Plus de 200.000 visiteurs ont parcouru les allées joignant une quarantaine de stands.

 
     
 

 
 

Entrée
photo : Myriam Dormal

Pavillon UMHK
photo : Myriam Dormal

 
     
  Kathleen commente l'époque du Président Tshombe.  
     
   
  3 mars 1961 - le Président Tshombe à l'Église Orthodoxe
reçoit l'hommage d'une petite fille. - doc : Kathleen VANDAELE

11 novembre 1960 - le retour triomphal du Président Tshombe
après sa détention à Coquilhatville (Mbandaka) - doc : Kathleen VANDAELE

9 janvier 1961 - introduction de la monnaie katangaise

 
   
 

à remarquer : le journaliste a accentué le nom du Président Tshombe !

Le premier avion à réaction atterrit à Elisabethville !

Une des visites officielles au tout jeune Katanga indépendant.

 
     
  Culturel.  
     
  Récital de poésie.

Un travail des élèves sans les professeurs : un récital de poésie ! L'idée a jailli des hautes sphères de l'école, et voilà le cycle supérieur embarqué dans la grande aventure de la liberté et de la responsabilité !...
Les rhétos, les plus vieilles, les plus sages (hum !) mènent la danse. Le thème de base voit le jour après de longues et orageuses palabres : c'est un contraste la MORT et l'AMOUR.
La machine est mise en marche, les agents de recrutement se répandent dans l'école. Le ton de voix monte parfois...
De précieux conseillers nous encadrent et nous guident, les anthologies sont disséquées, les auteurs malmenés, des dons dramatiques se révèlent. Enfin, peu à peu, le projet prend forme. La musique vient combler des lacunes et unifier les différents poèmes qui s'échelonnent, en effet, du Moyen-âge à nos jours et qui passent de la mort à l'amour. Le décor suit le thème : du blanc, des fleurs ; du noir, un arbre mort. Trois notes de guitare appellent l'amour, les pas sourds de la mort sont accompagnés par les tam-tams.
Le grand jour arrive : proclamation, récital, public ; les mains tremblent, les jambes sont molles, les coeurs brûlent d'enthousiasme. Le contact avec le public est presque palpable, l'atmosphère est celle que l'on avait recherchée. Tant et si bien que, pareilles à de grandes vedettes, nous sommes sollicitées par la TV.
Journées inoubliables, moisson de riches expériences... Don de soi pour créer, parmi les autres, un peu de bonheur.
Brigitte GUEBELS - rhéto
P.S. : la présentation à la télévision du Collège a eu lieu le 22 janvier 1967.

 
     
  Le procès de Néron.

"Hic Nero iace"
Non, cette phrase n'a pas été prononcée au cours du procès de Néron : il n'y avait pas de pièce à conviction, pas de témoin... mais le fantôme de l'accusé, drapé dans une toge, errait dans la salle. Il haussa les épaule lors de l'accusation, il sourit lorsque le maître Granat prit sa défense... En effet, sous l'instigation du Père Beckers, deux avocats se sont proposés pour approfondir le sujet : Me GRANAT se chargeant de la défense de Néron, Me GEENS de l'accusation. Mr VANNES, présidait le Tribunal ; Mr HENROTTE faisait office de greffier. Sept jurés ont été désignés : Mme MOREAU, le Père LAURENT van der MENSBRUGGHE, Mr Van den BERGHE et Mlle LUMPUNGU, professeurs à l'IMJ ; le Dr MOLOKO, directeur de la Clinique Reine Elisabeth ; Mme DE SCHRIJVER, infirmière ; Mr CHANTRAIN, professeur au Lycée Kiwele. Tous sont présents. Le tribunal est complet. La séance est ouverte...

Samedi 27 mai 1967, 09 heures 45...
Nous avons réellement vécu cette page d'histoire romaine. L'érudition des créateurs nous a invités à nous asseoir près des convives d'un banquet au premier siècle de notre ère.
De loin, de l'autre côté de la salle, nous avons vu les enfants, riant à leur table. Les visiteurs entraient et sortaient. Il y avait des attractions pour distraire les convives. Les esclaves circulaient, portant des plats. Certains étaient chargés de goûter les mets de leurs maîtres : on avait la hantise de l'empoisonnement à cette époque.
Tout à coup, nous avons vu s'écrouler un jeune garçon à peine adolescent. On l'emporte... il ya un remous. On calme les invités : ce n'est probablement qu'une crise d'épilepsie. Néron paraît insouciant, la fête continue...

Des siècles ont passé : Néron et Britannicus ne vivent plus que dans les livres d'histoire et de latin. Leur mémoire se couvre doucement de l'épaisse poussière des ans. Mais, les rhétoriciennes de l'Institut Marie-José ont pris le plumeau et la poussière s'est envolée.

Le procès de Néron fut un jeu passionnant auquel ont pris part bien des personnalités de notre ville. La question posée était la suivante : " Néron a-t-il empoisonné Britannicus dans les conditions décrites par Tacite ?"

La parole est aux experts : un expert médical, le Dr QUESTIAUX ; un expert en philologie classique, le RP GUILBERT. Ces experts sont successivement interrogés par le Président. L'Accusateur Public nous expose ensuite son point de vue : Néron est, sans aucun doute, coupable d'avoir assassiné Britannicus dans les circonstances décrites par Tacite. Son exposé est clair, ses arguments sont solides.
Après une intervention du Père LAURENT, l'Avocat de la Défense, avec beaucoup de "pathos", nous prouve, qu'au contraire, Néron n'est pas coupable. Britannicus est mort, il est mort brutalement... mais de mort naturelle ! C'est la rumeur publique qui fait de Néron l'assassin de Britannicus ; peut-on en douter ?
Le ton s'élève, les points de vue s'opposent, la salle est en émoi... Le jury se retire pour délibérer et...le résultat est annoncé : Néron est déclaré... non coupable !!!
Explosion d'applaudissements dans la salle. Certaines spectatrices ne peuvent contenir leur joie... d'autres discutent, recommencent le procès...
Le cocktail est partagé : on est "pour", on est "contre"... mais tous se quittent heureux d'avoir participé au débat. Ce procès ne s'oubliera pas de sitôt !
H.D. et Christiane BEBRONNE - rhéto.