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Quand je serai "grand(e)"...
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Le petit trombinoscope.
Chacun d'entre nous a prononcé cette phrase enfant :
"Quand je serai grand(e) je serai... j'aurai... je ferai..."
Qu'en est-il aujourd'hui ?
Voici le résultat de notre petite enquête.

Pour vos envois : masomo_ya_katanga@yahoo.fr

 
     
 


Remarque importante.

Il n'est pas question d'établir un palmarès des réussites (ou échecs) de chacun d'entre nous.
Ce qui intéressera vos copains (ou copines), c'est de savoir :
- à quoi vous ressemblez aujourd'hui
par rapport au visage qu'ils ont connu pendant votre scolarité,
- où vous vivez
(beaucoup doivent certainement vivre dans des endroits inconnus de la plupart),
- qui vous accompagne
(nombreux sont ceux qui sont restés dans le milieu des coloniaux)...
- ce que vous exercez
(ou exerciez !) comme métier ou votre profession,
- votre descendance
(nos enfants ne sont-ils pas notre fierté ?)...
Bref, comment vous décririez-vous à un copain, une copine ?
 

 
 

 

Christiane Erpelding - Inès Thoumsin - Sylvette Dehasse

Commentaire des webmasters

 
     
   
 

Christiane ERPELDING - 13.01.2006

Hier

Aujourd'hui

Sans entrer dans les détails (laissez-moi une part de mystère quand même), je suis née...   

En fait, non.  Je ne suis pas née, moi, puisque je n'ai pas suivi la procédure habituelle des bébés quels qu'ils soient.  Un soir de Saint-Nicolas, en 1946, ce brave homme se présenta dans une rue d'un petit patelin nommé Athus.  Si, si, c'est en Belgique !  Dans sa hotte, le bon Saint avait encore un bébé et un ballon.  Il partagea équitablement ces derniers cadeaux : le petit garçon du bout de la rue hérita du ballon le et le bébé fut déposé dans un berceau préparé par un jeune couple.  Et c'est comme cela que je suis apparue sur terre.   

Petit frère a suivi et la famille s'est retrouvée à Usa après une croisière de 3 semaines sur l'Elisabethville.  ça en fait des souvenirs tout ça ! 

Un jour, le papa militaire rentre à la maison et dit : c'est fini Usa.  Nous partons pour Eville !  Bien, on fera avec : de toute façon, il n'y avait pas le choix. 

Ce que j'adorais à Eville, c'était regarder les paras sauter.  Un jour, je serai para moi aussi.  En attendant, j'ai fréquenté l'IMJ pendant un an.  Pas du tout aimé : la preuve, j'ai oublié tout le monde.  Pas beau, ça !  

Retour en Belgique.  Beurk !  Pas beau le pays !  Idiots tous ces gens qui me regardaient avec des yeux ronds comme si je venais d'atterrir en provenance de Mars.  Les garçons, surtout, m'horripilaient.  Ce qu'ils pouvaient être cons à parier sur qui serait le premier à sortir avec la " Katangaise ".  Et oui, j'ai été rebaptisée.   

Et moi, j'étais mal dans mon corps de fille et ma tête de garçon manqué. J'ai tout essayé (et aujourd'hui, j'ai peur d'une mouche) : vélo cross, grimper dans les arbres, essai de saut en parachute (mais ça, comme le disait Kipling, c'est une autre histoire).  
Tout doucement, je me suis orientée vers un autre avenir : je serai hôtesse de l'air.  Pas sur la Sabena, non, mais peut-être la PanAm ou Air Bahamas.  Le temps a passé et.... 

Je ne suis jamais devenue hôtesse de l'air.  Je n'ai jamais sauté en parachute.  Mais j'ai épousé un para.
  

 
 

 
 

Mon "mukini" Athus.

 
    
   Merci Kiki, nous te décernons le premier ruban d'honneur.
   Qui recevra le suivant ? Nous en avons plein à décerner !
 
     
 
     
  Inès THOUMSIN - 16.01.2006
 
 
  Hier
avec mon frère Henri

Aujourd'hui
avec G Brassens

 
 


Quand je serai grande… ???
Eh bien, non, je cherche, je ne me souviens pas de mes rêves d’enfant.
Incurable, je fais toujours confiance en l’avenir et je vis intensément le temps présent. 

Quelqu’un a dit : « nous portons dans le cœur ce que nous avons vu enfants ».
Je suis remplie à jamais de mon Afrique. - Il m’arrive des bouffées d’images, de parfums, de couleurs, de saveurs…

Mon petit frère si taquin, et cycliste acrobate : « lé loi di vélo » (le roi du vélo) l’appelaient les pikinini.
Le soleil qui fait mijoter la brousse.
Le jus d’une mangue qui me coule sur le menton, assise bien haut sur la branche.
L’odeur des hautes herbes surchauffées, de la sueur humaine.
Les éclats de rire et les chants des Noirs.
Les bêtes sauvages sur nos hauts plateaux.
Je ne pouvais pas imaginer mon avenir ailleurs que LÀ.
 

A 19 ans j’ai su que je serais institutrice, je venais de découvrir que j’aimais beaucoup les enfants. Et puis, patatras. Le départ forcé en 60.
Peine, angoisses, déchirement, réadaptation difficile.
D’un seul coup j’étais devenue grande, ma deuxième vie commençait.

Diplômée à Liège, j’ai enseigné 24 ans.
Mariée à un ex-E’villois, nous avons eu deux filles... ben oui j’en suis fière, que croyez-vous ?
Là j’ai vécu le bonheur d’aider des enfants à grandir. D’aider mes filles à devenir des femmes.
Tous ces enfants, je m’efforçais de leur apprendre à vivre ensemble.
J’aimais la spontanéité et la fraîcheur des petits, leur confiance et leurs yeux émerveillés. 

Puis les aléas de la vie m’ont conduite dans les Pyrénées Orientales, entre mer et montagne.
Ici j’ai retrouvé la lumière qui me manquait tant en Belgique, la luxuriance des bougainvillées, hibiscus, palmiers, arbres de soie… Surtout que, avec mon mari français, j’ai plongé dans son entreprise de jardins.

Et quatre petits-enfants sont nés. Actuellement l’aînée a 16 ans, les garçons ont 14, 13 et 11 ans.
De plus en plus fière ! 

Maintenant comme la plupart des retraités, nous sommes terriblement occupés !
Nous faisons chacun notre site car nous avons tous les deux ce besoin : transmettre.
Souvent je chante avec des copains, guitare, accordéon…
Ma troisième vie se passe entre Perpignan et Liège où je retrouve ma famille et les amis de mes deux autres vies.

Quand j’étais petite, je n’aurais jamais imaginé que je vivrais trois vies. 
 

 
 

 
 

Le Canigou

 
     Merci Inès ! C'est assez différent des Kundelungus ! Mais c'est si beau...  
     
 
     
  Sylvette DEHASSE  
     
 

Hier

 

Aujourd'hui

 
     
 

Je n’avais pas vraiment choisi les études professionnelles et pourtant, c’est dans cette section que mes parents m’ont inscrite à l’Institut Marie José . Il faut dire qu’à l’époque, bien des gens pensaient encore qu’une jeune fille devait surtout apprendre à tenir son ménage et à élever ses enfants.

Je suis pourtant arrivée au bout des six ans puis, j’ai été engagée par l’Union Minière du Haut Katanga pour travailler à l’Open où je veillais sur les bébés noirs de Kipushi.

Ouf, plus de couture ! Enfin quelque chose qui me convenait …              

En 1959, ma vie allait prendre une tout autre direction : j’épousais un jeune homme qui ne connaissait pas l’Afrique et je ne devais plus jamais y revenir . J’étais devenue : « celle qui a été au Congo ». ( Je constate au passage que les Belgicains ont toujours eu l’art de nous montrer du doigt ).

J’ai travaillé comme sous perceptrice des postes ( PTT : « petit travail tranquille » ).

Mais surtout, j’ai eu l’immense joie d’être la maman de deux beaux grands garçons qui, outre beaucoup de satisfactions, m’ont donné cinq petits fils. 

Bien qu’anxieuse de nature, je suis la femme des grandes décisions : au décès de mon mari, il y a déjà plus de six ans, j’ai revendu la maison familiale et j’ai pris un appartement. Ensuite, comme mes fils s’installaient dans le Namurois, je viens de déménager après 46 années passées dans mon Charleroi natal. 

Aujourd’hui, la tête pleine de projets, je savoure l’âge de la retraite dans notre bonne vieille ville de Namur.

 

 
 

 
 

Nameur... po tot !

 
     Grand Merci à Sylvette pour ce texte émouvant.